jeudi 3 septembre 2009

Sauna libertin première

Je l'avoue ce n'était pas mon envie, il insistait beaucoup pour aller au sauna pour changer, j'avoue je ne sentais pas le sauna... et sans doute je ne le sentais pas plus que ça lui non plus.

Pourtant nous nous sommes donné du mal pour le localiser près de Denfert Rochereau. Une fois entré, on nous distribua un pagne (trop petit) et une serviette, hop demi tour à gauche et oui c'est ici le vestiaire mixte. Un couple s'habille tranquillement, trois hommes seuls se dévêtissent... et tout d'un coup comme dans les pubs, le temps se figent et les images déroulent au ralenti. Sauf que là c'est moi qui fait le cinéma, moi qui ne suit pas porté exhibe, qui me retrouve à me déshabiller devant ces 8 paires d'yeux. L'exercice me demande un effort conscient, une maîtrise de mes peurs, la volonté farouche de ne pas laisser voir, d'assurer le coup et la certitude de ne pas aimer l'exercice. Pendant que le temps s'étire, les trois hommes sont quasi figés, une chaussette prend un temps infini à retirer.
Lorsque j'ai enfin fini, la scène reprend une vitesse normale, mon compagnon m'entraîne vers un bar, petit et décoré de force feuillages plastifiés, ok l'intention est exotique, c'est noté. Nous ne nous arrêtons pas au bar, c'est les douches qui sont visées. Les pagnes et serviettes s'accrochent à une patère et nous entrons dans cette douche au format vestiaire de gymnase. Le moment commence par être sympa mais le défilé incessant des 3 hommes seuls à l'entrée, passant et repassant d'un air dégagé, à vitesse variables, me dérange. J'avoue ne pas aimer être observée à ce point là.

Mon compagnon me propose d'aller plus loin... il saute d'ailleurs directement l'étape sauna et détente en n'emmène directement au sous sol, dans les "coins calins".
L'endroit ressemble à des caves d'immeubles parisiens, un couloir, des portes alignées. La seule différence est la lumière d'ambiance plutôt rouge et les petites lampes rouges elles aussi au dessus des portes comme pour signaler qu'un couple est "on air" ou non.
Mon compagnon en choisi une, ouverture et découverte d'une micro pièce aveugle, de la taille d'un matelas de 1m10 de large ou quasi. Au sol, oui un matelas plastifié rouge, pas très net d'aspect, deux poubelles, l'une fournie en préservatifs, l'autre prête à recevoir mouchoirs et emballages après usage.

La porte se referme et mon cerveau se bloque sur l'ampoule rouge, puis directement sur le matelas très peu net. Je vois bien que je n'ai d'autre échappatoire que d'utiliser le micro pagne pour m'allonger dessus et tenter de ne pas m'allonger sur le matelas. Mon compagnon est déjà lancé, sourd aveugle... Moi je me baisse et achève complètement de me bloquer, mon cerveau vient de prendre une décision et c'est non. Pas possible, pas propre, pas moi la dessus sur ce machin ou on voit des traces et où l'on imagine des traces d'occupants précédant.

Ma décision a du en fait durer une fraction de seconde, il me faudra de longues minutes pour calmer l'homme qui est avec moi... il finit par réaliser que quelque chose ne va pas "tu n'as pas l'air d'être là' me dit-il. Je crois que j'ai répondu du tac au tac "non et d'ailleurs je ne vais pas y rester". Lui faire comprendre que cela m'est impossible, l'obliger à admettre que sa soirée qu'il voyait déjà toute cuite est morte, tout cela me prend plusieurs minutes et me gonfle.

Sa réaction me confirme d'ailleurs que je suis mal accompagnée ce soir là, et surtout mal accompagnée pour tenter qque chose qui à priori ne me correspond pas et sur lequel j'ai de (gros) à priori négatifs. Il fait la gueule, soit. J'avoue n'en avoir rien à foutre, il n'a désormais qu'un seul rôle, me permettre de sortir de là sans encombre... sait on jamais... je ne suis pas à l'aise c'est clair, donc sur mes gardes. Nous ouvrons la porte et.. surprise. Sagement alignés comme des images sur le mur d'en face, enroulés dans leurs serviettes, nos trois camarades de vestiaires sont là, souriant, disponibles. Je lâche un "Messieurs, bonsoir" bien sonné et je file d'un pas ferme vers le vestiaire et la sortie. Le temps s'accélère ensuite pour moi le temps de me rhabiller et de reprendre ma voiture. J'ai retrouvé mon sourire et la situation me fait rire après coup.

Peut être réessayer.. oui pourquoi pas... en s'assurant d'être bien, y aller avec quelqu'un d'attentif, quelqu'un qui enrichisse l'expérience, pas qui la tire vers le sordide. Disons que l'ensemble est à ranger dans les erreurs qui permettent d'apprendre des choses importantes.